MON AVIS : 4.25/5
QUAND UN DES DERNIERS TITANS DU CINEMA, NOUS BOULVERSE UNE FOIS DE PLUS:
LA CRITIQUE DE TOXIC-CHRONICLES:
Clint Eastwood n'a plus rien à prouver. Et pourtant, il parvient encore à surprendre ! A 79 ans, après de nombreux westerns cultes derrière lui, ayant écrit son mythe, quelques rencontres cinématographiques percutantes devant la caméra, comme celle avec Meryl Streep dans « Sur la Route de Madison » ou derrière, avec Hilary Swank dans « Million Dollars Baby » ou Sean Penn dans « Mystic River », le réalisateur qui a traversé les générations, dévoile un drame profond, intense, à la fois drôle et émouvant, retraçant l'itinéraire d'un homme aigri par la vie, qui parvient à y retrouver goût, se prenant d'amitié pour ses voisins asiatiques, qu'ils dénigrent pourtant, au départ.
Raciste, plein de préjugés, père incompétent ayant mal éduqué ses enfants qui s'avèrent aujourd'hui des individus odieux, ce qui le rend acariâtre, marqué par la Guerre du Vietnam, sa vie va être bouleversé lorsque ses voisins, vont faire preuve d'hospitalité, après que Clint ai défendu le jeune fils de la famille, engrainé de force par le gang de la banlieue, qui avait notamment tenté de lui voler sa Gran Torino. Ce garçon va tenter de se racheter suite à sa mauvaise conduite, lui proposant ses services pour l'entretien de sa maison, dans la pure tradition familiale. Ce garçon timide et non sur de lui, va trouver en cette homme, la présence d'un 2ème père, qui lui apprendra comment trouver l'assurance qui lui manque, gagner sa vie honorablement, et le formera à sa vie d'adulte qui l'attend.
Ce qui frappe le plus ici, est cette caméra qui oublie le format cinématographique pour pénétrer sans frontière dans cette banlieue « racailleuse » et nous la faire transparaître à l'écran, plus vrai que nature. Le scénario ne fait pas moins preuve d'authenticité. Débordant d'humanité, il puise son excellence dans une analyse objective sur l'univers des gangs et cette quête de rédemption d'un homme meurtrie par les atrocités de la guerre. Au-delà de ce réalisme troublant, se dégage aussi des répliques donnant au film un rythme accrocheur. Elles font mouche, sont teinté d'un grand sens de l'humour signé Eastwood, qui semble s'auto-parodier avec amusement, en mémoire de tous ses rôles de grande brut, qui ont fait sa renommée. C'est aussi avec son franc parler qu'il n'hésite pas à critiquer implicitement le clergé, sur un ton léger, imaginant une relation tendue entre le Père de la paroisse qui a promit à la défunte femme de Clint, de prendre soin de lui et Clint lui-même, qui n'hésite pas à sous entendre le discours minimaliste, basés sur des doctrines que le Prêtre semble suivre sans grande conviction personnelle. Le coup de maître enfin, se démontre par cette habilité de Clint Eastwood, de passer du rire aux larmes, multiplier les thèmes, sans perdre un soupçon de réalisme. C'est aussi son art, dans la parfaite lignée de « Million Dollars Baby » qui lui avait valu l'Oscar du Meilleur Réalisateur en 2005, de surprendre le spectateur par un retournement de situation qui noue la gorge, qui nous tire la larme et dont personne ne sort indemne.
Cela pourrait être son dernier film en tant que réalisateur, mais ce qu'on retient c'est que Clint est bien l'un des dernier géant du 7ème art !
ET VOUS? ... QUE PENSEZ-VOUS DE CE FILM ?